Propriétaires et bailleurs

Bailleur et locataire : qui paie quoi dans les travaux de bureaux ?

Hall d'un immeuble de bureaux avec grandes baies vitrées et sol en pierre
Photo : Fotoinjp, CC BY 4.0, Wikimedia Commons

L'essentiel en 30 secondes

  • Dans un bail commercial, les grosses réparations au sens de l'article 606 du Code civil (gros murs, voûtes, poutres, toitures entières) ne peuvent pas être refacturées au locataire depuis 2014.
  • Les aménagements propres au locataire (cloisons, câblage, finitions, mobilier) sont à sa charge, avec l'accord écrit du bailleur.
  • Le bail doit comporter un inventaire précis des charges et, tous les trois ans, un état prévisionnel des travaux communiqué au locataire.
  • Pour les locaux de plus de 2 000 m² de bureaux ou de commerces, une annexe environnementale est obligatoire.

C’est la question qui crispe le plus souvent les négociations de bail. Bonne nouvelle : pour les baux commerciaux, la loi pose un cadre assez clair depuis 2014. Voici qui paie quoi, en règle générale.

La grille de répartition

Type de travauxExempleQui paie en général
Grosses réparations (art. 606 du Code civil)Gros murs, structure, réfection complète de la toitureBailleur, non refacturable au locataire
Vétusté et mise en conformité relevant des grosses réparationsRemplacement d’une installation hors d’usage, mise aux normes lourdeBailleur, non refacturable
Entretien et menues réparationsPetites réparations, entretien courant des équipementsLocataire, selon le bail
Aménagements du locataire (CAT B)Cloisons, salles de réunion, câblage, finitionsLocataire, avec l’accord du bailleur
Remise en état en fin de bailDémontage des cloisons, retour au CAT ALocataire, si le bail le prévoit
Amélioration énergétique (décret tertiaire)GTB, éclairage, CVC performantÀ répartir selon les responsabilités, souvent négocié

Le mot juste : un bail commercial est un bail de 9 ans minimum, avec un droit au renouvellement pour le locataire. C’est la forme habituelle pour louer des bureaux en France.

Ce que la loi interdit de refacturer au locataire

Dans un bail commercial, le Code de commerce interdit d’imputer au locataire notamment :

  1. les grosses réparations de l’article 606 du Code civil et les honoraires qui s’y rapportent ;
  2. les travaux pour remédier à la vétusté ou mettre en conformité quand ils relèvent de ces grosses réparations ;
  3. certains impôts du propriétaire (la taxe foncière, elle, peut être refacturée si le bail le prévoit) ;
  4. les honoraires de gestion des loyers ;
  5. dans un ensemble immobilier, les charges correspondant aux locaux vacants.

Les documents que le bailleur doit fournir

  • Un inventaire précis et limitatif des catégories de charges, impôts et taxes, annexé au bail.
  • Lors de la signature, puis tous les trois ans, un état prévisionnel des travaux envisagés pour les trois années suivantes, avec leur budget, et un récapitulatif de ceux réalisés.
  • Pour les surfaces de plus de 2 000 m² de bureaux ou de commerces, une annexe environnementale : échanges d’informations sur les consommations et programme d’actions.

Astuce : côté bailleur, l’état prévisionnel des travaux est un bon outil de dialogue. Il permet de caler vos travaux de CAT A sur le calendrier du locataire et d’éviter les conflits.

Les leviers de négociation

Les montants en jeu se négocient presque toujours à la signature :

  • participation du bailleur aux travaux d’aménagement du locataire ;
  • franchise de loyer ;
  • travaux réalisés par le bailleur avant l’entrée (CAT A rénové ou CAT A+) ;
  • loyer « travaux » : le bailleur finance un aménagement et le locataire le rembourse par un complément de loyer sur la durée ferme ;
  • clause de remise en état allégée, en contrepartie d’un engagement de durée.

Attention : les améliorations apportées aux locaux peuvent avoir un effet sur le loyer de renouvellement. La rédaction des clauses de travaux et d’accession mérite un avocat spécialisé en baux commerciaux.

Côté locataire, voir aussi comment financer ses travaux. Côté bailleur, voir financer et traiter fiscalement les travaux du propriétaire.

Questions fréquentes

Ces règles valent-elles pour tous les baux de bureaux ?

Les règles sur les charges non refacturables et l'inventaire des charges concernent les baux commerciaux, qui sont les plus courants pour les bureaux. Un bail professionnel ou un bail dérogatoire laisse davantage de liberté aux parties : tout dépend alors de la rédaction du contrat.

La mise en conformité est-elle toujours à la charge du bailleur ?

Les travaux destinés à remédier à la vétusté ou à mettre en conformité ne peuvent pas être refacturés au locataire lorsqu'ils relèvent des grosses réparations. Pour les autres, la répartition dépend du bail et de la jurisprudence. C'est une question à soumettre à un avocat.

À qui reviennent les aménagements du locataire en fin de bail ?

Le plus souvent, le bail prévoit qu'ils reviennent au bailleur sans indemnité au départ du locataire (clause d'accession), sauf s'il demande la remise en état. Les deux options doivent être lues ensemble.

Sources et textes de référence

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