Propriétaires et bailleurs

Bailleur : faut-il aménager un plateau vacant avant de le louer ?

Plateau de bureaux vacant avec moquette usée et fenêtres, avant remise en état
Photo : Np6824, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

L'essentiel en 30 secondes

  • Un plateau vide coûte cher : loyer perdu, mais aussi charges et taxe foncière non refacturées, entretien et décote progressive.
  • Quatre stratégies : louer en l'état, remettre en CAT A, proposer un CAT A+ aménagé (prêt à l'emploi), ou confier le plateau à un opérateur de bureaux.
  • Les petites et moyennes surfaces, recherchées par des PME qui veulent emménager vite, sont celles où un plateau aménagé fait le plus souvent la différence.
  • Comparez toujours le coût des travaux à la réduction attendue de la vacance et des mesures d'accompagnement (franchise, participation) que vous n'aurez pas à consentir.

Vous êtes propriétaire d’un plateau de bureaux et votre locataire vient de partir. Faut-il investir dans des travaux avant de relouer, et si oui, jusqu’où aller ? Ce guide vous aide à poser le calcul.

Ce que coûte vraiment un plateau vide

Le loyer perdu n’est que la partie visible. Pendant la vacance, le propriétaire supporte aussi :

  • les charges de l’immeuble qui ne sont plus refacturées : entretien, gardiennage, énergie des parties communes ;
  • la taxe foncière ;
  • l’entretien minimal des locaux (chauffage hors gel, ventilation, sécurité) ;
  • une décote quand la vacance s’installe, car un plateau qui reste longtemps vide inquiète les candidats.

Le mot juste : on parle de coût de portage de la vacance. C’est le premier chiffre à poser avant de décider des travaux.

Les quatre stratégies

StratégieCe que vous faitesPour qui c’est adapté
Louer en l’étatRien, ou un simple nettoyage. Le locataire aménagePlateau récent et en bon état, ou locataire déjà identifié
Remettre en CAT ACurage des anciens aménagements, mise à niveau technique (éclairage, CVC, sanitaires)Plateau ancien ou trop marqué par l’ancien occupant
CAT A+ « prêt à l’emploi »CAT A, plus cuisine, quelques salles de réunion, parfois mobilierPetites et moyennes surfaces, PME pressées
Opérateur de bureauxVous confiez le plateau à un exploitant qui l’aménage et le commercialise en bureaux servicesImmeubles bien situés, petites surfaces, marchés de bureaux flexibles

Pour les définitions, voir CAT A et CAT B.

Un calcul simple pour décider

Exemple illustratif pour un plateau de 600 m², loué 250 €/m²/an hors charges :

Louer en l’étatCAT A+ aménagé
Travaux à la charge du bailleur0 €600 m² × 400 € = 240 000 €
Vacance estimée12 mois5 mois
Loyer perdu150 000 €62 500 €
Franchise consentie au locataire6 mois = 75 000 €2 mois = 25 000 €
Charges et taxe non refacturées (hypothèse 40 €/m²/an)24 000 €10 000 €
Total sur la période249 000 €337 500 €

Dans cet exemple, l’aménagement coûte plus cher à court terme. Il devient intéressant si la durée ferme du bail obtenu est plus longue, si le loyer est supérieur, ou si le plateau risque de rester vide bien au-delà de 12 mois. Refaites le calcul avec vos hypothèses et celles de votre commercialisateur. Pour comparer, sur un cas chiffré, une franchise, une participation aux travaux et un aménagement financé, voir cette analyse du coût réel des mesures d’accompagnement pour le bailleur.

Astuce : demandez à votre commercialisateur ce que les candidats ont refusé sur les visites précédentes. C’est souvent plus utile que des généralités sur le marché.

Les bonnes pratiques d’un aménagement « bailleur »

  1. Rester neutre et modulable : peu de cloisons fixes, des couleurs sobres, un éclairage de qualité.
  2. Soigner ce qui se voit en visite : accueil, sanitaires, cuisine, lumière naturelle.
  3. Préparer le décret tertiaire : profiter des travaux pour améliorer la performance énergétique (voir la réglementation des bureaux).
  4. Louer le mobilier plutôt que l’acheter : il peut être repris, laissé au locataire ou renouvelé.
  5. Documenter : plans, DOE et descriptif technique à jour facilitent la négociation du bail.

Attention : les travaux du bailleur et ceux du locataire n’obéissent pas aux mêmes règles de répartition des charges ni au même traitement fiscal. Voir bailleur et locataire : qui paie quoi.

Questions fréquentes

Un plateau aménagé se loue-t-il plus cher ?

Il peut justifier un loyer un peu supérieur ou, plus souvent, moins de franchise et une signature plus rapide. L'effet dépend du marché local : là où l'offre vacante est abondante, l'aménagement devient surtout un moyen de se distinguer.

Ne risque-t-on pas d'aménager pour rien si le futur locataire veut autre chose ?

C'est le principal risque. On le limite avec un aménagement sobre et modulable : peu de cloisons fixes, des salles de réunion réversibles, une cuisine et des sanitaires de qualité, et du mobilier loué plutôt qu'acheté.

Qu'est-ce qu'un plateau témoin ?

C'est un plateau ou une partie de plateau aménagé et meublé pour la commercialisation, afin que les candidats se projettent. Il est utile dans les grands immeubles qui comptent plusieurs étages disponibles.

À lire aussi dans « Bailleurs »